Je m’attacherais à ses pas, ou si besoin était, je le ferais suivre par des agents secrets, ma modeste personne, quelque active qu’elle fût, n’étant pas encore parvenue à se dédoubler.

Il fallait, en effet, avant de mettre les menottes à mon « pseudo-cousin », recueillir certains indices qui m’étaient indispensables. L’assassin de M. Ugo Chancer pouvait avoir des complices. Je me trouverais alors avoir affaire à une bande puissamment organisée pour le cambriolage et le vol.

Si cela était, la découverte d’une association de malfaiteurs, sur d’aussi faibles indices, me classerait définitivement parmi les plus fins limiers de police et une pensée d’orgueil intime, autant que de curiosité professionnelle, m’aiguillonnait de plus en plus à mesure que nous approchions de Melbourne.

Oui, plus je réfléchissais, plus j’arrivais à me persuader que j’allais me trouver en présence d’une sorte de Robber’s Company semblable à celle de Brisbane.

Slang paraissait trop sot pour avoir conduit seul cette affaire… Cependant il était l’instrument du meurtre, tout en témoignait et il importait d’élucider promptement ce qui restait de ténébreux dans l’exécution d’un crime aussi habilement conçu.

Et d’abord, il n’était pas admissible que le voleur-assassin s’en fût allé sans tirer aucun profit de son crime.

Nous avions trouvé dans le secrétaire de M. Ugo Chancer une forte somme en or, mais il n’était pas croyable que la fortune du vieux de Green-Park se réduisît à cent quatre-vingt-trois livres en monnaie courante.

Il devait avoir des titres déposés chez un ou plusieurs hommes d’affaires, comme l’insinuait le chief-inspector Bailey.

Peut-être ?

Mais cela n’expliquait pas le geste, véritablement par trop désintéressé, du cambrioleur assassin.