M. Crawford prit le volant, et, comme il menait un train d’enfer, au bout de dix minutes, nous stoppions devant le cottage de M. Ugo Chancer.

C’est une coquette habitation en briques rouges et en pierres de taille avec des bow-window au rez-de-chaussée et de petites fenêtres irrégulières au premier et au second étage ; une énorme vigne-vierge et des clématites grimpent le long des murs, formant au-dessus des balcons plusieurs bosquets aériens du plus joli effet.

Après avoir suivi une allée de tilleuls, nous arrivâmes devant un monumental perron soigneusement passé au blanc de Sydney, suivant la mode australienne.

Dans le vestibule étaient assis quelques domestiques qui, en nous apercevant, prirent incontinent des mines éplorées comme s’ils eussent été les plus proches parents du mort.

Quand j’eus dit mon nom, un valet de chambre obèse et exagérément parfumé à l’héliotrope, nous conduisit aussitôt au premier étage où se trouvait le cabinet de M. Ugo Chancer.

La porte, très éprouvée par les vigoureuses épaules de Bailey et de Mac Pherson était demeurée entr’ouverte.

— Laissez-moi entrer seul, dis-je à Bailey… ou plutôt non… avec monsieur…

Et je désignai M. Crawford.

— Comme vous voudrez, monsieur Dickson, répondit le chief-inspector avec un sourire narquois.

Nous pénétrâmes dans la chambre mortuaire, mon honorable voisin et moi, et aussitôt je poussai une chaise contre la porte.