Manzana ignorait toujours ce que j'avais l'intention de faire, mais il n'osait m'interroger, de peur de se faire encore rembarrer.

De temps à autre, il me jetait un regard à la dérobée, mais je demeurais impassible, jugeant inutile de le mettre au courant de mes projets.

Enfin, comme la pluie avait cessé, je lui touchai légèrement le bras:

—Venez, lui dis-je.

—Où cela?

—A deux pas d'ici.

Quelques minutes après, je m'arrêtais devant un grand cargo amarré à quai et dans lequel des hommes étaient en train d'empiler à fond de cale des balles de coton.

Ce cargo était anglais; il s'appelait le Good Star, ce qui signifie Bonne Etoile.

Ce nom me plaisait car, on a pu le voir, je suis assez superstitieux et m'imagine à tort ou à raison que certains noms doivent avoir sur notre destinée une réelle influence.

M'approchant d'un gros homme à casquette galonnée, qui surveillait l'embarquement des marchandises, je lui dis en anglais: