Mais tout en se rassurant de la sorte, il n'en prenait pas moins le subalterne par le bras, le poussait devant lui, et, son falot dans la main droite, se ruait vers la galerie d'Apollon.

Alors, le malheureux gardien montra la vitrine où sont exposés les Diamants de la Couronne:

—Là!... là!..., fit-il.

Il n'en dit pas davantage, mais le spectacle qui se présentait en ce moment aux yeux du supérieur en disait plus long que tous les commentaires.

Il rugit, serra les poings:

—Ah! vingt Dieux de vingt Dieux!... les misérables!...

Un rectangle, juste assez grand pour livrer passage à une main, était nettement découpé dans la glace de la vitrine. Le morceau enlevé était posé tout à côté; un petit amas de mastic où se voyaient encore des empreintes de doigts, occupait le milieu de ce carré de verre. Et, à la hauteur de l'ouverture béante, le fin support d'argent sur lequel le célèbre joyau se présentait naguère, libre de tout contact, en pleine lumière, ce support se courbait à sa place habituelle comme un point d'interrogation, tendant ironiquement sa griffe vide!

C'était fou, en effet, invraisemblable, inadmissible!...

Et pourtant, le fait était là...

On avait volé le Régent, en plein musée du Louvre, à la barbe de son gardien!