Tout le monde était occupé à discuter dans la salle des momies.

Moi, le plus doucement possible, je gagnai la galerie d'Apollon... Elle était vide, comme je m'en doutais.

Vite, ma petite lampe de poche, mon diamant de vitrier! Les feux du Régent guident ma main à travers la vitrine... Zzz!... Zzz!... Zzz!... Zzz!... quatre coups de diamant en rectangle... Je colle un paquet de mastic sur la partie délimitée... Je tire à moi, la vitrine est ouverte!... Je recueille le Régent, le mets dans mon gousset, puis j'ouvre sans bruit une fenêtre à laquelle j'attache la cordelette de soie qui ne me quitte jamais, et je me lance dans le vide.

Il était temps; des pas se rapprochaient.

Que l'on se figure, si l'on peut, la joie d'un heureux cambrioleur arrivant sans accroc, au pied du mur du Louvre, avec le Régent dans sa poche!...

IV

OU IL EST PROUVÉ UNE FOIS DE PLUS QUE L'HOMME N'EST QU'UN JOUET ENTRE LES MAINS DU DESTIN

Je vois d'ici le lecteur sourire et je devine la pensée qui lui est venue à l'esprit.

Il se dit évidemment: «Quel être naïf que ce cambrioleur qui se figure pouvoir convertir en espèces un diamant connu de tous... Mais le premier marchand auquel il l'offrira le fera tout de suite arrêter, c'est certain.»