Soudain, je le vis sourire; son affreuse figure eut une expression de joie indicible.
Je me sentis perdu et m'élançai vers la porte.
—Arrête-le!... arrête-le!... hurlait Manzana en s'adressant à Bill Sharper... arrête-le!... Je suis sûr maintenant que c'est lui!
J'étais déjà dans la rue.
Oubliant complètement que mon taxi m'attendait toujours, je me ruai au milieu de la foule, assez dense dans Pensylvania à cette heure du jour.
J'avoue que, cette fois, je perdis la tête.
Au lieu de me jeter dans une rue, puis dans une autre, afin de dépister mes deux ennemis, je filai tout droit comme un imbécile, poursuivi par Bill Sharper et cet horrible Manzana.
Les drôles n'osaient point crier: «Au voleur!... au voleur!...» car ils avaient de sérieuses raisons pour ne pas appeler la police à leur aide.
Les pas se rapprochaient derrière moi; un rapide claquement de semelles m'avertissait que j'étais serré de près.
Bientôt, j'arrivais devant la grille d'un square. J'étais essouflé, je ne tenais plus sur mes jambes et je fus obligé de m'arrêter. Le séjour prolongé que j'avais fait à Reading m'avait considérablement affaibli et je n'étais décidément plus qu'une loque humaine. Je trouvai encore la force d'entrer dans le square, de m'enfoncer dans une allée, mais déjà Manzana arrivait.