—Alors, monsieur, nous allons être obligés de regagner les Canaries... et de nous réfugier dans le port de Santa-Cruz afin de réparer l'avarie... Cela demandera une huitaine de jours environ...

—Huit jours! murmura Pickmann...

—Oui, au moins... à condition, toutefois, que nous puissions trouver des charpentiers qui exécutent immédiatement le travail...

—Et si nous n'en trouvons pas?...

—Oh! ce ne sont pas les charpentiers qui manquent à Santa-Cruz... mais ce port est très fréquenté!... Peut-être y a-t-il dans les cales d'autres bateaux que la tempête a endommagés... Dans ce cas, nous serions obligés d'attendre notre tour...

—C'est bien, dit sèchement Pickmann, en se reprenant la tête entre les mains.

L'effort qu'il venait de faire l'avait anéanti, et il se laissa retomber sur son divan, où il demeura inerte.

Comme personne ne lui adressait plus la parole, le capitaine se retira.

—Tout cela ne vous semble pas louche? me demanda Mme Pickmann.

—Ma foi non, répondis-je... Maître Ross est bien obligé de relâcher dans un port... Comme Santa-Cruz est le port le plus rapproché, c'est celui-là qu'il a choisi... Ne vous tourmentez pas... Reposez-vous, je reviendrai vous voir avant le déjeuner.