Cela fait, je lui remis vingt sous de pourboire et l'homme sortit, se confondant en remerciements. J'appelai Manzana, mais il ne répondit point. J'allai à la porte de sa chambre et fus obligé de parlementer avec lui pendant près de cinq minutes, avant qu'il se décidât à ouvrir.
Enfin, il se laissa convaincre et sortit, pâle comme un linge.
—Ce n'était que le facteur, lui dis-je.
Mais comme il se méfiait encore, je lui tendis le pli que je tenais à la main.
Nous revînmes dans le bureau, il jeta un rapide coup d'œil autour de lui, puis enfin tranquillisé, se décida à ouvrir la lettre.
—C'est la propriétaire qui m'écrit, dit-il... Elle m'annonce qu'elle revient de Nice le 5 janvier, et me rappelle qu'à cette date j'aurai mille francs à lui verser...
—Cela ne nous intéresse pas... continuons notre travail... Voyons... voici une statuette qui vaut environ cent francs!... cette coupe qui est en argent en vaut bien autant... quant à ce vase bleu qui est là, sous vitrine, et à ce drageoir émaillé, nous nous en déferons facilement.
Nous fîmes des paquets que nous plaçâmes sur la table du salon...
Aux candélabres, nous ajoutâmes un sucrier en argent, une pendulette, une cafetière en vermeil, deux ou trois bibelots qui me parurent avoir quelque prix, puis nous nous concertâmes.
—Je crois, dis-je à Manzana, qu'il est inutile d'attendre la nuit... nous pouvons partir maintenant...