Pour l'instant, je lui étais utile. Il se croyait à tort ou à raison traqué par la police et il se raccrochait à moi, comme un noyé à une branche, quitte à me jouer quelque vilain tour lorsqu'il n'aurait plus rien à craindre.

Dès que nous aurions gagné l'Angleterre, c'est moi qui aurais en main «le beau jeu».

Nous nous apprêtions à sortir, après avoir bourré nos poches des bibelots sur lesquels nous avions fixé notre choix, lorsqu'une idée me vint à l'esprit.

—Nous allons, dis-je à Manzana, quitter cet appartement une partie de la journée, car il ne faut pas se dissimuler que nous serons obligés de faire plus d'une démarche avant de placer nos objets d'art... Si, pendant notre absence, la police s'avisait d'opérer ici une descente, et de perquisitionner... La chose ne se produira pas, je l'espère, mais enfin, il faut tout prévoir...

—Vous avez raison, grogna mon associé... il faut que je prenne le diamant.

—Ce sera plus prudent, je vous assure... Voyez un peu la tête que nous ferions si, en rentrant, nous trouvions l'appartement bouleversé, le coffre-fort ouvert et...

—Inutile d'insister, trancha mon compagnon... avec un mauvais sourire...

Il tira de sa poche la clef du coffre-fort, mais avant d'ouvrir, il hésita un instant.

—Eh bien, qu'attendez-vous?