Oui. On m'a taillé une statue au Louvre, et on m'appelle le Roi Voltaire,—le dernier des rois!—car ils ont des Césars aujourd'hui. (Il lit un journal.) En voilà qui m'arrachent ma couronne. Ces grimauds s'offensent de voir qu'on parle encore de M. de Voltaire.
NINON.
Rappelez-vous que votre ennemi Jean-Jacques vous écrivait: «Les injures de vos ennemis sont le cortége de votre gloire.»
VOLTAIRE.
C'est de la rhétorique: les esclaves qui insultent le char du triomphateur! C'est imprimé depuis longtemps. Ils écrivent toujours là-bas. N'ai-je donc pas tout dit?
NINON.
N'avait-on pas tout dit avant vous?
VOLTAIRE.
Non. J'ai dit la vérité.
NINON.