Bientôt de Galitzin la vigilante audace

Ira dans son sérail éveiller Moustapha,

Mollement assoupi sur son large sofa,

Au lieu même où naquit le fier dieu de la Thrace.

O Minerve du Nord, ô toi, sœur d'Apollon,

Tu vengeras la Grèce en chassant ces infâmes,

Ces ennemis des arts et ces geôliers des femmes:

Je pars; je vais t'attendre aux champs de Marathon.

Voltaire, toujours précurseur, poursuit ici le vœu de Fénelon et semble donner l'éveil à Byron.

[76] «Mes ennemis m'ont reproché jusqu'à ma fortune, comme si elle était faite à leurs dépens. Doit-on fouiller dans les affaires d'une famille pour critiquer un poëme et une histoire? Quelle lâcheté! Mais elle est trop commune. Qu'il soit permis de faire une remarque à cette occasion: c'est un spectacle qui peut servir à la connaissance du cœur humain, que de voir certains hommes de lettres ramper tous les jours devant un riche ignorant, venir l'encenser au bas bout de sa table, et s'abaisser devant lui, sans autre vue que celle de s'abaisser. Ils sont bien loin d'oser en être jaloux: ils le croient d'une nature supérieure. Mais qu'un homme de lettres soit élevé au-dessus d'eux par la fortune et par ses places, ceux mêmes qui ont reçu de lui des bienfaits portent l'envie jusqu'à la fureur. Virgile à son aise fut l'objet des calomnies des Mévius.»