«Nous arrivons, monseigneur, dans votre métropole, où je crois que tous les ambassadeurs et tous les cuisiniers de l'Europe se sont donné rendez-vous. Il semble que tous les ministres d'Allemagne ne soient à Cambrai que pour faire boire à la santé de l'empereur. Pour messieurs les ambassadeurs d'Espagne, l'un entend deux messes par jour, l'autre dirige la troupe des comédiens. Les ministres anglais envoient beaucoup de courriers en Champagne, et peu à Londres. Au reste, personne n'attend ici Votre Éminence: on ne pense pas que vous quittiez le Palais-Royal pour venir visiter vos ouailles.»

C'est de Cambrai que, soupant avec la marquise chez madame de Saint-Contest, Voltaire improvisa des vers connus où il fait rimer plaisir avec désir,—rime du temps;—mais j'aime mieux rappeler ce joli huitain:

Quand Apollon avec le dieu de l'onde

Vint autrefois habiter ces bas lieux,

L'un sut si bien cacher sa tresse blonde,

L'autre ses traits, qu'on méconnut les dieux:

Mais c'est en vain qu'abandonnant les cieux,

Vénus comme eux veut se cacher au monde,

On la connaît au pouvoir de ses yeux,

Dès que l'on voit paraître Rupelmonde.