Pâquerette vint à moi et me dit tout bas:
—Il est bien gentil, votre ami.
—N'est-ce pas? N'allez pas mettre la main sur lui, car il serait perdu. C'est une âme tendre et candide; vous ne feriez qu'une bouchée de son coeur, petite malheureuse que vous êtes.
—Allons donc! je suis un agneau. Si je n'avais une vertu à tout casser, je me laisserais égorger tous les soirs pendant et après la représentation.
—C'est égal, je ne veux pas vous le confier. Elle se retourna vers Bouquet.
—Monsieur, lui dit-elle, puisqu'on nous met à la porte, voulez-vous m'offrir votre bras?
Je voulais les séparer, mais il était trop tard, ils se seraient retrouvés au coin de la rue.
Le ciel menaçait d'une averse.
—Comme ça se trouve, dit-elle; le petit violon a un parapluie.
—Oh! dit-il en souriant, j'ai encore de quoi vous offrir un fiacre.