«Le courage m'est enfin revenu.
«Suis-je digne de revêtir le linceul blanc? Ai-je assez expié mes fautes? Ma prison a été un long supplice, ma délivrance ne m'a pas délivrée de mes chagrins. Vous avez été un ange pour moi, aussi c'est à vous que je demande des prières.
«Avant les prières, j'ai une grâce à vous demander: c'est d'épouser Octave, car je ne veux pas que ma mort soit inutile. Et puis il me semble que je serai dans votre bonheur.
«Ne me pleurez pas, je meurs contente.
«Vous m'avez donné un million, je vous lègue un million. Ce que
j'ai dépensé était la fortune de ma mère.
«J'aime tant à causer avec vous, ma chère Geneviève, que j'allais
oublier l'heure de la mort.
«Adieu! à Dieu!
«VIOLETTE DE PERNAN-PARISIS.»
Et d'une écriture plus fiévreuse, Violette avait jeté ces mots après sa signature.
«Quand vous vous promènerez avec Octave dans le parc de Par ou de Champauvert, si vous voyez à vos pieds une pauvre petite violette des champs—pas une violette de Parme!—ne la foulez pas dans la poussière; penchez-vous pour la cueillir, respirez-la et donnez-la à votre mari. Il se souviendra de moi, mais vos mains auront sanctifié le souvenir.