Or, M. de Fontaneilles était à son poste; avec une vrille, il avait percé deux trous imperceptibles pour voir le spectacle.

Mais contre son attente, on ne venait pas dans le salon, on restait à causer dans la chambre à coucher.

XXXIV

L'HEURE D'AIMER

La porte qui s'ouvrait de la chambre à coucher sur le salon était fermée. M. de Fontaneilles entendait vaguement un bruit de voix sans qu'une seule parole vînt à son oreille.

Que se disait-on? Il écoutait avec anxiété, il regardait avec fureur le sillon de lumière qui passait sous la porte. «Oh! ma vengeance,» dit-il en se contenant.

On causait toujours. Après une heure d'attente, la porte s'ouvrit. Octave seul passa dans le salon. Que venait-il y faire? il n'y apporta pas de lumière, mais la lumière de la chambre le suivit d'un pâle reflet.

La chambre de la marquise de Fontaneilles avait une porte sur ce salon: Octave tentait-il de lui donner des nouvelles? La duchesse appela son mari. Octave retourna dans la chambre sans refermer la porte.

Alors M. de Fontaneilles vit, à demi masquée par Octave, une femme qui le pressait amoureusement sur son sein.

Le marquis rugit. Il avait entendu cette parole—ce cri d'un coeur éperdu: «Ah! si tu savais comme je t'aime!»—«Elle ne m'a jamais dit cela!» dit-il en étouffant sa voix.