Octave donc avait prié Monjoyeux du savoir le nom de la jeune fille qui était avec la marquise de Fontaneilles dans la loge de Mme d'Hauteroche. Mais elles étaient parties à la fin du quatrième acte. «Ça n'est pas de ma faute, dit Monjoyeux à Parisis, quand il reparut vers la fin du spectacle: j'ai fait tout au monde pour les retenir; j'ai dit à l'ouvreuse qu'un duc, un vrai duc, un comte des croisades, demandait à être présenté à la marquise de Fontaneilles.—Est-ce que vous avez dit mon nom?—Non.—Mais vous ne me dites pas le nom de la jeune fille.
—Elle s'appelle Geneviève.—Geneviève de quoi!—Ah! je me suis arrêté au baptême.»
Octave était furieux. «Geneviève! reprit-il, je connais ce nom-là.
Ah! pardieu, c'est le nom de ma cousine; mais celle-là est une vraie
Parisienne, tandis que ma cousine est une provinciale. Il faudra
pourtant que j'aille voir Mlle de La Chastaigneraye.»
Octave tarda d'un jour; le lendemain, quand il se présenta au petit hôtel de sa tante, elle était partie.
En rentrant chez lui, il trouva parmi ses lettres du matin ce billet qu'il n'avait pas lu:
Je pars très mécontente, monsieur mon neveu. J'ai tenté deux fois de vous trouver pour vous dire adieu. Mais monsieur le duc ne recevait pas. Je ne vous pardonnerai que si vous me faites la grâce de venir à Champauvert. Puisque vous avez peur de votre cousine, je vous promets que vous ne la rencontrerez pas. Elle a, d'ailleurs, le plus grand désir de ne jamais vous voir.
Sur ce, monsieur le Duc, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
RÉGINE DE PARISIS.
«Eh bien! dit Octave, j'irai chasser cette année à Parisis.»