Quand la femme de chambre vint pour déshabiller Mme de Révilly, c'était déjà fait. «Madame a sans doute joliment valsé, lui dit cette fille, pour avoir ainsi perdu sa ceinture et les rubans de ses épaules?—Oui, murmura la comtesse, c'est la Valse des Roses.—Oh! mon Dieu, madame, qu'est-ce donc que ce poignard d'or que je trouve dans vos cheveux?—Je ne sais pas.»

C'étaient les armes parlantes de Parisis.

XXVI I

LE DERNIER MOT DE L'AMBASSADE

Quand Guillaume de Montbrun se présenta le lendemain chez son ami Octave de Parisis, il était pâle et inquiet. «Et ton ambassade? lui demanda-t-il.—Ah! diable! se dit Octave, et moi qui n'ai pas pensé à parler de ce mariage à Mme de Révilly!» Il paya d'audace: «Tout va bien, mon cher. Je te dois une bonne fortune.—Une bonne fortune! dit Guillaume avec inquiétude.—Oh! je ne parle pas de Mme de Révilly. Mais je me suis trompé de porte.»

Et Octave raconta son aventure avec Mme d'Argicourt. «Voilà pourquoi tout va bien, dit Octave en finissant de conter son aventure.—Tout va bien avec Mme d'Argicourt, mais es-tu bien sûr que Mme de Révilly ne va pas venir à moi comme une Hermione furieuse?—Tout est fini, pas un mot de plus! vous vous reverrez dans six mois.»

Guillaume déguisait mal son émotion. «La pauvre femme, dit-il en soupirant, comment a-t-elle pris cela?—Mais elle a très bien pris cela, dit Octave qui n'avait pas dit un mot du mariage à Mme de Révilly.—Tu veux rire?—Veux-tu que je pleure avec toi?—Non; mais je connais Mme de Révilly, elle ne se consolera pas.—Je la connais tout aussi bien que toi. Va te marier, elle aura la grandeur d'âme de ne pas aller aux noces.—Et mes lettres?—Fumée que tout cela.—Elle a tout brûlé!»

Tout en ne sachant pas trop où il en était, ressentant à la fois la douleur d'avoir brisé et le bonheur d'être libre, il prit la main de son ami: «Je te remercie.—Il n'y a pas de quoi.»

M. de Parisis ne put cacher un sourire railleur. «Tu ris toujours, toi.»

Guillaume ne put cacher un second soupir. «Ah! c'était une belle maîtresse!—Avec trois points d'admiration!—Merci encore; la belle enfant que je vais épouser te devra son bonheur.—Qui sait?»