Le boxeur eut un sourire affirmatif.
— Oui, mais je n'achète rien de confiance. Vous me connaissez assez pour ne pas jouer ce jeu-là avec moi.
— Je vous connais pour ce que vous êtes, Sir Charles, c'est-à- dire pour un noble Corinthien, un Corinthien fini. Mais voyez- vous, si je me servais de ça contre vous, ça me mettrait des centaines de livres dans la poche. Mais mon coeur ne le souffrira pas. Bill War a toujours été pour le bon sport et le franc jeu. Si je m'en sers pour vous, j'espère que vous ferez en sorte que je n'y perde pas.
— Vous pouvez agir comme il vous plaira, dit mon oncle. Si vos informations me sont utiles, je saurai ce que je dois faire pour vous.
— On ne saurait parler plus franchement que ça. Nous nous en contenterons, patron, et vous vous montrerez généreux comme vous avez toujours passé pour l'être. Eh bien, notre homme, Jim Harrison, combat contre Wilson le Crabe, de Gloucester, demain, sur la dune de Crawley pour un enjeu. — Eh bien, après?
— Connaîtriez-vous par hasard quelle était la cote hier?
— Elle était à trois contre deux sur Wilson.
— C'est ça même, patron. Trois contre deux, voilà ce qui a été offert dans le salon de mon bar. Savez vous où en est la cote aujourd'hui?
— Je ne suis pas encore sorti.
— Eh bien! je vais vous le dire, elle est à sept contre un sur votre homme.