Voilà donc un homme, flanqué simplement de deux domestiques, en face de trente mille autres hommes irrités, mécontents, et parmi lesquels sa trouvaient en grand nombre des boxeurs de profession et aussi parmi ces derniers, des représentants de la classe la plus brutale et la plus dangereuse qu'il y eût dans le pays.

Et pourtant, c'était cet homme isolé qui parlait de recourir à la force pendant que l'immense multitude flottait en murmurant pareille à un animal indocile et de dispositions farouches, face- à-face avec une puissance, qu'il savait sourde à tout raisonnement, capable de vaincre toute résistance.

Mais mon oncle, ainsi que Berkeley Craven, sir John Lade et une douzaine d'autres lords et gentlemen accoururent au devant de ce gêneur du sport.

— Je suppose que vous avez un mandat, monsieur? dit Craven.

— Oui, monsieur, j'ai un mandat.

— Alors, la loi me donne le droit de l'examiner.

Le magistrat lui tendit un papier bleu.

Les gentlemen, qui formaient le petit groupe, penchèrent la tête pour l'examiner, car la plupart d'entre eux étaient eux-mêmes des magistrats et fort attentifs à découvrir la moindre bévue dans la rédaction.

À la fin, Craven haussa les épaules et rendit le papier.

— Il me parait en forme, monsieur, dit-il.