Je n'avais point compris la merveilleuse symétrie de développement qui avait fait de lui, dans sa jeunesse, le modèle favori des sculpteurs de Londres.

Ce n'était plus du tout cette peau lisse, blanche, ces jeux de lumière sur les saillies des muscles qui faisaient de Wilson un coup d'oeil si agréable.

Au lieu de cela, on se trouvait en présence d'une grandeur rudement taillée, d'un enchevêtrement de muscles noueux.

On eût dit les racines d'un vieux chêne se tordant pour aller de la poitrine à l'épaule et de l'épaule au coude.

Même quand il était au repos, le soleil jetait des ombres sur les courbes de sa peau. Mais quand il faisait un effort, chaque muscle faisait saillir ses faisceaux en masses distinctes et nettes et faisait de son corps un amas de noeuds et d'aspérités.

La peau de sa figure et de son corps était d'une teinte plus foncée, d'un grain plus serré que celle de son adversaire plus jeune, mais il paraissait avoir plus de résistance, de dureté et cette apparence était encore plus marquée par la couleur plus sombre de ses bas et de ses culottes.

Il entra dans le ring en suçant un citron, suivi de Jim Belcher et de Caleb Baldwin le fruitier.

Il se dirigea vers le poteau et noua son foulard gorge de pigeon par-dessus le foulard jaune de l'homme de l'Ouest et enfin se dirigea vers son adversaire la main tendue.

— J'espère que vous allez bien, Wilson? dit-il.

— Pas trop mal merci, répondit l'autre. Nous nous parlerons sur un autre ton, j'espère, avant de nous quitter.