Je remarquai que Belcher, d'un air très sérieux, murmura quelques mots à l'oreille d'Harrison, qui se levait de dessus ses genoux, que le forgeron faisait de la tête un signe d'assentiment, de l'air d'un homme qui comprend et approuve les recommandations qu'il reçoit. Et on vit aussitôt quels avaient été ces conseils.
Harrison allait faire succéder l'attaque à la défense.
Le résultat du repos après le dernier round avait convaincu les seconds que leur champion, avec son endurance et sa vigueur, devait avoir le dessus quand il s'agissait de recevoir et de rendre des coups.
Et alors, pour achever l'affaire, survint la pluie.
Le gazon devenu glissant, neutralisait l'avantage que donnait à Wilson son agilité et il allait éprouver plus de difficulté à esquiver les attaques impétueuses de son adversaire.
L'art du ring consiste à tirer parti de circonstances de ce genre et plus d'un second vigilant a fait gagner à son homme une bataille presque perdue.
— Allez-y, allez-y donc! hurlèrent ses deux seconds pendant que tous les parieurs pour Harrison répétaient leurs cris à travers la foule.
Et Harrison y alla de telle sorte qu'aucun de ceux qui le virent ne devaient l'oublier.
Wilson le Crabe, aussi obstiné qu'une pierre, le recevait chaque fois d'un coup lancé à la volée, mais il n'y avait pas de force, pas de science humaine qui parût capable de faire reculer cet homme de fer.
En des rounds qui se suivirent sans interruption, il se fraya passage par des coups retentissants, comme des claques, du poing droit et du gauche, et chaque fois qu'il touchait, il cognait avec une puissance formidable.