— Vous me rendez justice, James, dit Lord Avon en serrant la large main brune que le squire lui avait tendue. Je suis aussi innocent que vous et je puis le prouver.

— En attendant, dit Sir Lothian Hume, une grosse porte et une solide serrure seront les meilleures précautions pour que Lord Avon se présente lorsqu'on le convoquera.

La figure hâlée du squire prit une teinte d'un pourpre foncé quand il s'adressa au Londonien.

— Est-ce que vous êtes le magistrat du comté, monsieur?

— Je n'ai pas cet honneur, Sir James.

— Alors pourquoi vous permettez-vous de donner des conseils à un homme qui remplit ces fonctions depuis près de vingt ans? Quand je ne suis pas sûr de mon affaire, monsieur, la loi me donne un clerc avec qui je puis conférer et je n'ai pas besoin d'autre assistance.

— Vous le prenez sur un ton trop haut, Sir James, je n'ai pas l'habitude d'être pris à partie si vivement.

— Je ne suis pas non plus habitué à me voir interrompre dans l'exercice de mes devoirs officiels, monsieur. Je dis cela en qualité de magistrat, Sir Lothian, mais comme homme, je suis toujours prêt à soutenir mes opinions.

Sir Lothian s'inclina.

— Vous me permettrez, monsieur, de vous faire remarquer que j'ai des intérêts de la plus grande importance engagés dans cette affaire. J'ai tous les motifs possibles de croire qu'il s'est organisé ici un complot qui vise ma position comme héritier de Lord Avon. Je demande à ce qu'il soit mis en lieu sûr jusqu'à ce que cette affaire soit éclaircie et je vous requiers en votre qualité de magistrat d'exécuter votre mandat.