Mon oncle me toucha l'épaule et nous allions partir, lorsque Ambroise, ayant remis le masque de bronze sur ses ardentes passions, s'approcha de lui avec respect.

— Je vous demande pardon, Sir Charles, mais je suis très choqué de voir votre cravate…

— Vous avez raison, Ambroise, Lorimer fait de son mieux, mais je n'ai jamais pu trouver quelqu'un qui vous remplace.

— Je serais fier de vous servir, monsieur. Mais vous devez reconnaître que Lord Avon a des droits antérieurs. S'il consent à me rendre ma liberté…

— Vous pouvez partir, Ambroise, vous le pouvez. Vous êtes un excellent serviteur, mais votre présence m'est devenue pénible.

— Je vous remercie, Ned, dit mon oncle. Mais vous, Ambroise, il ne faudra pas me quitter aussi brusquement.

— Permettez-moi de vous expliquer le motif, monsieur. J'étais décidé à vous prévenir de mon départ quand nous serions arrivés à Brighton, mais ce soir-là, comme nous sortions du village, j'ai vu passer dans un phaéton une dame dont je connaissais fort bien les relations intimes avec Lord Avon, sans être certain que c'était sa femme. Sa présence en cet endroit me confirma dans la conviction qu'il se cachait à la Falaise royale. Je descendis furtivement de votre voiture, je la suivis aussitôt dans le but de lui exposer l'affaire et de lui expliquer combien il était nécessaire que Lord Avon me vit.

— Eh bien, je vous pardonne votre désertion, dit mon oncle, et je vous serais fort obligé si vous vouliez bien, de nouveau, arranger ma cravate.

XXII — DÉNOUEMENT

La voiture de Sir James Ovington attendait dehors.