— Pour rien au monde, je ne voudrais vous faire changer de résolution, dit mon oncle. Et pourtant si vous aviez éprouvé quelque envie de goûter au sport d'autrefois, dit mon oncle, j'avais une bonne chose à vous mettre sous la main.
— Bah! monsieur, cela ne sert à rien, dit Harrison, mais tout de même, je serais heureux d'en savoir quelques mots.
— On a découvert un bon gaillard, d'environ deux cents livres, par là-bas, du côté de Gloucester. Il se nomme Wilson et on l'a baptisé le Crabe à cause de sa façon de se battre.
Harrison hocha la tête.
— Je n'ai jamais entendu parler de lui, monsieur. — C'est extrêmement probable, car il n'a jamais paru dans le Prize-Ring. Mais on a une haute idée de lui dans l'Ouest et il peut tenir tête a n'importe lequel des Belcher avec les gants de boxe.
— Ça, c'est de la boxe pour vivre, dit le forgeron.
— On m'a dit qu'il avait eu le dessus dans un combat privé avec
Noah James du Cheshire.
— Il n'y a pas, monsieur, d'homme plus fort que Noah James le garde du corps, dit Harrison. Moi-même, je l'ai vu revenir à la charge cinquante fois, après avoir eu la mâchoire brisée en trois endroits. Si Wilson est capable de le battre, il ira loin.
— On est de cet avis dans l'Ouest et on compte le lancer sur le champion de Londres. Sir Lothian Hume est son tenant et pour finir l'histoire en quelques mots, je vous dirai qu'il me met au défi de trouver un jeune boxeur de son poids qui le vaille. Je lui ai répondu que je n'en connaissais point de jeunes, mais que j'en avais un ancien qui n'avait pas mis les pieds dans un ring depuis des années et qui était capable de faire regretter à son homme d'avoir fait le voyage de Londres.
«— Jeune ou vieux, ou au-dessus de trente cinq, m'a-t-il répondu, vous pouvez m'amener qui vous voudrez, ayant le poids, et je mettrai sur Wilson à deux contre un.