Mais quelle somme de tristesses ce jour-là devait-il apporter, jusqu'à quel point modifierait-il le destin de chacun de nous? C'était plus que je n'aurais osé en imaginer dans mes moments les plus sombres.
Permettez-moi, cependant, de vous conter tout cela dans l'ordre même des événements.
Ce matin-là, je m'étais levé de bonne heure, car on allait entrer en pleine période de la mise bas des agneaux.
Mon père et moi, nous partions pour le pâturage dès le petit jour.
Lorsque j'entrai dans le corridor, un souffle frôla ma figure: la porte de la maison était entièrement ouverte, et la lumière grise de l'aube dessinait une autre porte sur le mur du fond.
Je regardai.
Je trouvai également ouvertes la porte de la chambre d'Edie et celle de Lapp.
Je compris alors, comme à la lueur d'un éclair, ce que signifiaient ces cadeaux offerts la veille: c'était des présents d'adieu.
Tous deux étaient partis.
J'eus de l'amertume au coeur contre la cousine Edie, en entrant et m'arrêtant dans sa chambre.