Je l'ouvris et jetai un coup d'oeil au dehors.
Le jardin s'étendait au-dessous de moi, et tout près de ma main s'allongeait une grosse branche de poirier.
Un jeune garçon agile ne pouvait souhaiter rien de mieux en guise d'échelle.
Une fois dans le jardin, je n'aurais plus qu'à franchir un mur de cinq pieds.
Après quoi, il n'y aurait plus que la distance entre moi et la maison.
J'empoignai fortement une branche, je posai un genou sur une autre branche, et j'allais m'élancer de la fenêtre, lorsque je devins tout à coup aussi silencieux, aussi immobile que si j'avais été changé en pierre.
Il y avait par-dessus la crête du mur une figure tournée vers moi.
Un glacial frisson de crainte me saisit le coeur en voyant cette figure dans sa pâleur et son immobilité.
La lune versait sa lumière sur elle, et les globes oculaires se mouvaient lentement des deux côtés, bien que je fusse caché à sa vue par le rideau que formait le feuillage du poirier.
Puis par saccades, la figure blanche s'éleva de façon à montrer le cou.