— Non, je suis simple soldat.
— Comment, vous nêtes pas, je l'espère, de ces gens du commun qui portant le fusil?
— Si, je porte le fusil.
— Oh! ce n'est pas, à beaucoup près, aussi intéressant, dit-elle en retournant s'asseoir sur le canapé qu'elle avait quitté.
C'était une chambre superbe, toute tendue de soie et de velours, pleine d'objets brillants, et j'étais sur le point de repartir pour donner à mes bottes un nouveau coup de brosse.
Quand Edie s'assit, je vis qu'elle était en grand deuil; cela me prouva qu'elle connaissait la mort de de Lissac.
— Je suis content de voir que vous savez tout, dis-je, car je suis très maladroit pour annoncer avec ménagement les nouvelles. Il a dit que vous pouviez garder tout ce qu'il y avait dans les malles, et qu'Antoine avait les clefs.
— Merci, Jock, merci, dit-elle, vous avez été bien bon de faire cette commission. J'ai appris l'événement il y a environ huit jours. J'en ai été folle quelque temps, tout à fait folle. Je porterai le deuil toute ma vie, quoique cela fasse de moi un véritable épouvantail, comme vous le voyez. Ah! je ne m'en remettrai jamais. Je prendrai le voile et je mourrai au couvent.
— Pardon, Madame, dit une domestique en avançant la tête, le comte de Beton désire vous voir.
— Mon cher Jock, dit Edie en se levant brusquement, voilà qui est très important. Je suis bien fâchée d'abréger notre entretien, mais vous reviendrez me voir, j'en sais sûre, n'est-ce pas? Je suis si désolée? Ah! est-ce qu'il vous serait égal de sortir par la porte de service et non par la grande porte? Je vous remercie, mon cher vieux Jock, vous avez toujours été si bon garçon, et vous faisiez exactement ce qu'on vous disait de faire.