Ils n'étaient pas bien loin, mais ils étaient trop occupés l'un de l'autre pour me voir.

Elle allait lentement, la tête penchée, de ce petit air espiègle que je connaissais si bien.

Elle détournait ses yeux de lui, et jetait un mot de temps à autre.

Il marchait près d'elle, la contemplant, et baissant la tête, dans l'ardeur de son langage.

Puis, à quelque propos quil lui tint, elle lui posa une main caressante sur le bras. Lui, ne se contenant plus, la saisit, la souleva et l'embrassa à plusieurs reprises.

À cette vue, je me sentis incapable de crier, de faire un mouvement. Je restai immobile, le coeur lourd comme du plomb, l'air d'un cadavre, les yeux fixés sur eux.

Je la vis lui mettre la main sur l'épaule, et accueillir les baisers de Jim avec autant de faveur que les miens.

Puis il la remit à terre.

Je reconnus que cette scène avait été celle de leur séparation, car s'ils avaient fait seulement cent pas de plus, ils se seraient trouvés à portée d'être vus des fenêtres du haut de la maison.

Elle s'éloigna à pas lents, et il resta là pour la suivre des yeux.