Son fils Jim poussa un grognement indistinct en entendant ces mots, ce qui lui valut de la part de son père un coup sur le côté du crâne avec le poing fermé.

À ce coup, le jeune garçon laissa tomber sa tête sur sa poitrine comme s'il avait été étourdi.

Mon père hocha la tête, car il avait de l'affection pour Jim, et nous rentrâmes tous à la maison, en dodelinant du chef, et les yeux papillotants, pouvant à peine tenir les yeux ouverts, maintenant que nous savions tout danger passé.

Mais nous éprouvions en même temps au coeur un frisson de joie comme je n'en ai ressenti le pareil qu'une ou deux autres fois en ma vie.

Sans doute, tout cela n'a pas beaucoup de rapport avec ce que j'ai entrepris de raconter, mais quand on a une bonne mémoire et peu dhabileté, on n'arrive pas à tirer une pensée de son esprit sans qu'une douzaine d'autres s'y cramponnent pour sortir en même temps.

Et pourtant, maintenant que je me suis mis à y songer, cet incident n'était pas entièrement étranger à mon récit, car Jim Horscroft eut une discussion si violente avec son père, qu'il fut expédié au collège de Berwick et comme mon père avait depuis longtemps formé le projet de m'y placer aussi, il profita de l'occasion que lui offrait le hasard pour m'y envoyer.

Mais avant de dire un mot au sujet de cette école, il me faut revenir à l'endroit où j'aurais dû commencer, et vous mettre en état de savoir qui je suis, car il pourrait se faire que ces pages écrites par moi tombent sous les yeux de gens qui habitent bien loin au-delà du border, et n'ont jamais entendu parler des Calder de West Inch.

Cela vous a un certain air, West Inch, mais ce n'est point un beau domaine, autour d'une bonne habitation.

C'est simplement une grande terre à pâturages de moutons, ou la bise souffle avec âpreté et que le vent balaie.

Elle s'étend en formant une bande fragmentée le long de la mer.