Toutes ces pensées, et bien d'autres encore, se présentèrent rapidement à notre esprit pendant que l'épée à la main, nous attendions l'arrivée des mâtins, rassurant de notre mieux nos chevaux effrayés.

Et nous n'eûmes pas longtemps à attendre.

Un autre aboiement long, sonore, retentissant comme le tonnerre, fut suivi d'un profond silence, où l'on percevait à peine la respiration rapide et agitée des chevaux.

Puis, tout à coup, sans bruit, une énorme bête, couleur de tan, son noir museau contre terre, avec des lèvres pendantes de chaque côté de la mâchoire, passa au clair de lune entre les rocs, puis disparut dans les ténèbres, plus loin.

Elle ne s'arrêta pas, ne se détourna pas un instant.

Elle poursuivit sa course, tout droit devant elle, sans regarder à droite ni à gauche.

Presque aussitôt derrière elle, une autre se montra, puis une troisième, toutes les trois de taille énorme, et paraissant d'autant plus grosses et plus terribles, qu'elles se trouvaient dans une lumière indécise et mobile.

De même que la première, elles ne firent aucune attention à notre présence.

Elles partirent par grands bonds sur la piste de Decimus Saxon.

Je laissai passer le premier et le second des chiens, car j'avais à peine le temps de voir qu'ils ne s'occupaient pas du tout de nous.