Un ermite n'aurait pas souhaité un endroit aussi complètement isolé de toute communication avec ses semblables.
En nous approchant, nous vîmes que la lumière venait en effet d'un petit cottage bâti dans un creux, de façon à être invisible de tous les côtés, excepté de celui par lequel nous arrivions.
Devant cet humble logis, un petit espace avait été débarrassé des ronces, et c'était au milieu de ce carré de terre que notre cheval perdu se trouvait, broutant à loisir le maigre gazon.
La même lumière, qui nous avait attirés, avait sans doute frappé son regard, et il s'y était dirigé dans l'espoir d'obtenir de l'avoine et de l'eau.
Saxon poussa un grognement de satisfaction en reprenant possession de son bien perdu, et tirant le cheval par la bride, il approcha de la porte du cottage solitaire.
[XI-Le solitaire à la caisse pleine d'or.]
La forte lumière jaune qui nous avait attirés à travers la lande, filtrait par une seule fente étroite de la porte, qui remplissait en même temps d'une façon primitive le rôle de fenêtre.
À notre approche, la lumière prit soudain une couleur rouge, puis tourna au vert, en répandant sur nos figures une teinte fantastique, et faisant surtout ressortir la nuance cadavéreuse des traits durs de Saxon.
En même temps nous sentîmes une odeur très subtile, très désagréable, qui empoisonnait l'air tout autour du cottage.