Je me levai le matin de bonne heure, et je courus, selon l'usage des campagnards, à la chambre de notre hôte pour voir si je pouvais lui être de quelque utilité.
En poussant sa porte, je m'aperçus qu'elle résistait.
Cela me surprit d'autant plus que je savais qu'il n'y avait en dedans ni clef, ni verrou.
Mais elle céda peu à peu sous ma poussée, et je reconnus qu'un lourd coffre ordinairement placé près de la fenêtre avait changé de place et été mis là pour empêcher toute intrusion.
Cette précaution, prise sous le toit paternel, comme s'il se trouvait dans une tanière de voleurs, me mit en colère.
Je donnai un violent coup d'épaule qui déplaça le coffre, ce qui me permit d'entrer dans la chambre.
Monsieur Saxon était assis dans le lit et jetait autour de lui des regards fixes, comme s'il ne savait pas très bien où il était.
Il avait noué un mouchoir blanc autour de sa tête, en guise de bonnet de nuit, et son visage aux traits durs, rasé de près, vu sous cet abri, contribuait avec son corps osseux, à lui donner l'air d'une gigantesque vieille femme.
La bouteille d'usquebaugh vide était posée à côté de son lit.
Évidemment les craintes s'étaient réalisées.