Mon cheval avait déjà été emmené dans la direction opposée.

Notre trajet s'écartait de la route, pour descendre par un ravin très rocheux, très accidenté qui allait en pente vers la mer.

Il semblait qu'il n'y eût pas trace de sentier.

Je ne pouvais que marcher d'un pas incertain en me butant aux pierres et aux buissons, du mieux que je pouvais, enchaîné et impuissant comme je l'étais.

Mais le sang s'était séché sur mes blessures, et la fraîche brise de la mer, qui se jouait sur mon front, me rendit des forces, ce qui me permit de me faire une idée plus claire de ma situation.

D'après leurs propos, il était évident que ces hommes étaient des contrebandiers.

Dès lors, ils ne devaient pas éprouver une sympathie bien vive pour le gouvernement, ni souhaiter de soutenir le Roi Jacques en quoi que ce fût.

Il était probable, au contraire, qu'ils étaient portés vers Monmouth.

En effet, n'avais-je pas vu, la veille un régiment entier d'infanterie de son armée, lequel avait été levé parmi les gens de la côte.

D'autre part, il se pouvait que leur avidité l'emportât sur leur loyalisme et les décidât à me remettre à la justice, par l'espoir d'une récompense.