Le sol du souterrain était composé d'un sable fin, aussi doux, aussi velouté qu'un tapis de Wilton, et formant une pente douce.
Cela prouvait que l'ouverture du souterrain devait donner sur la mer; supposition confirmée par le bruit sourd et l'éclaboussement des vagues, par la fraîcheur et le goût salin de l'air qui remplissait toute la grotte.
Mais je ne vis pas l'eau, car un brusque changement de direction déroba l'issue à mes regards.
Dans cet espace libre, au sein des rochers, qui pouvait avoir soixante pas de long et trente de large, étaient entassés de grandes piles de barils, de tonneaux, de caisses, des mousquets.
Des coutelas, des bâtons, des triques, et de la paille étaient épars sur le sol.
À une extrémité flambait joyeusement un feu de bois, qui projetait des ombres bizarres sur les parois et se reflétait en milliers d'étincelles pareilles à des diamants, sur les cristaux de la voûte.
La fumée sortait par une grande fissure parmi les rochers.
Sept ou huit autres membres de la bande, les uns assis sur des caisses, les autres étendus sur le sable autour du feu, se levèrent promptement et allèrent au-devant de nous à notre entrée.
—L'avez-vous pris? crièrent-ils. Est-ce qu'il est vraiment venu? Était-il accompagné?
—Le voici, et il est seul, répondit le capitaine. Notre câble l'a descendu de cheval aussi proprement qu'une mouette est prise au filet par un grimpeur de falaises. Qu'avez-vous fait en notre absence, Silas?