Aux murailles revêtues de chêne poli, étaient suspendus, formant une longue série, les portraits de la famille de Somerset, à partir de Jean de Gand.

Le plafond était aussi orné avec goût de peintures représentant des fleurs et des nymphes, et on avait le temps de s'engourdir le cou avant d'y avoir tout admiré.

À l'autre bout de la salle s'ouvrait largement une cheminée de marbre blanc, au-dessus de laquelle étaient sculptés sur bois les lions et les lis des armoiries des Somerset.

Elles étaient surmontées d'une longue bande dorée qui portait la devise de la famille: Mutare vel timere sperno, (je dédaigne de changer ou de craindre).

Les tables massives, auxquelles nous étions assis, étaient couvertes de grands plats et de candélabres d'argent, et on y voyait briller la somptueuse argenterie qui avait rendu Badminton fameux.

Je ne pus m'empêcher de songer que si Decimus Saxon pouvait jeter les yeux sur tout cela, il ne perdrait pas un moment pour demander instamment que la guerre fût poussée dans cette direction.

Après le dîner, on conduisit tout le monde dans une petite antichambre, autour de laquelle se voyaient des sièges couverts de velours, et où nous devions attendre que le Duc fût prêt à nous recevoir.

Au centre de la pièce, il y avait plusieurs caisses à dessus de verre, et doublées de soie, dans lesquelles on voyait de petites verges d'acier et de fer, avec des tubes de cuivre et d'autres objets très polis, très ingénieux, bien qu'il me fût impossible de deviner dans quel but ils avaient été assemblés.

Un gentilhomme-chambellan fit le tour de la compagnie, avec du papier et une écritoire de corne, pour marquer nos noms et notre affaire.

Je m'adressai à lui pour savoir s'il ne serait pas possible d'avoir une audience rigoureusement en tête-à-tête.