L'accent irrité qui l'accueillit, était de fâcheux augure pour le sort du cheval de quatre ans, mais une accalmie se produisit.

Le fermier sortit et vint se rasseoir en frottant ses grosses mains rouges avec satisfaction.

—Par dieu! dit-il tout bas, il s'est diablement emporté en commençant, mais ça s'est arrangé, et il m'a promis que si je paie l'entretien d'un dragon pour toute la durée de la guerre, on me rendra mon cheval pie.

J'étais resté assis pendant tout ce temps-là, me demandant quelle idée le ciel m'inspirerait pour mener mon affaire au milieu de ce fourmillement de solliciteurs, parmi cette cohue d'officiers qui entouraient le Duc.

S'il y avait eu la moindre chance d'obtenir une audience de lui par un autre moyen, je l'aurais saisie avec empressement, mais tout ce que j'avais tenté dans ce but avait échoué.

Si je ne saisissais pas cette occasion, il se pourrait que jamais je ne me retrouvasse en face de lui.

Mais lui était-il possible de réfléchir à une telle affaire, ou de la discuter en présence d'autres personnes?

Quelle chance avait-elle d'être examinée ainsi que cela convenait?

Alors même que ses dispositions le porteraient de ce côté, il n'oserait laisser entrevoir son indécision quand tant d'yeux étaient fixés sur lui.

Je fus tenté de prendre un autre motif pour expliquer ma venue, et de compter sur la fortune pour obtenir d'elle une chance plus favorable pour la remise de mes papiers.