Les épaules courbées, la tête penchée sur la poitrine marquaient les effets de l'âge, mais ses yeux brillants, d'un gris d'acier, l'animation qui se remarquait dans les traits de sa figure pleine de vivacité, prouvaient à quelle hauteur l'enthousiasme religieux pouvait s'élever au-dessus de la faiblesse corporelle.
Une barbe pointue, en désordre, tombait à mi-chemin de sa ceinture.
Ses longs cheveux, blancs comme la neige, s'échappaient en voltigeant de dessous une calotte de velours.
Cette calotte était fortement tendue sur le crâne de façon à faire saillir les oreilles dans une position forcée, de chaque côté, coutume qui a valu à son parti l'épithète de «dresse-l'oreille» qui lui fut si souvent appliquée par ses adversaires.
Son costume était d'une simplicité étudiée, de couleur sombre.
Il se composait de son manteau noir, de culottes en velours foncé, de bas de soie, avec des nœuds de velours aux souliers à la place des boucles alors en usage.
Une grosse chaîne d'or, qu'il portait au cou, était la marque de son office.
En avant de lui marchait à pas comptés le gros secrétaire de la ville, au gilet rouge, une main sur la hanche, l'autre étendue pour brandir la verge qui lui servait d'insigne.
Il jetait des regards solennels à droite et à gauche, s'inclinait de temps en temps comme s'il s'attribuait les applaudissements.
Ce petit homme avait attaché à sa ceinture un énorme sabre qui résonnait sur ses pas avec un bruit de ferraille sur le pavé formé de galets, et qui de temps en temps se mettait entre ses jambes.