Il se distinguait par ces grâces superficielles qui plaisent à la multitude et mettent un homme en état de prendre la direction d'une cause populaire.

Il était jeune.

Il avait la parole facile et spirituelle.

Il était habile dans tous les exercices qui conviennent à un soldat et à un homme.

Pendant qu'il parcourait l'Ouest, il n'avait point jugé au-dessous de lui d'embrasser les jeunes villageoises, d'offrir des prix pour les sports champêtres, et de disputer, chaussé de bottes, la palme de la course à pied avec les plus agiles des paysans courant nu-pieds.

Il était d'un naturel vain et prodigue, mais il excellait en cette sorte de magnificence qui frappe les yeux, et dans cette générosité insouciante qui gagne les cœurs du peuple.

Tant sur le Continent qu'à Bothwell-Bridge, il avait conduit des armées avec succès.

Sa bonté, sa pitié envers les Covenantaires, après la victoire, lui avait valu autant d'estime auprès des whigs que Dalzell et Claverhouse s'étaient attiré de haine.

Au moment où il arrêta son beau cheval noir à la porte de la ville, il ôta son chapeau montero à plumes devant la foule qui l'acclamait. Il avait une attitude si gracieuse et si digne qu'elle semblait bien celle d'un chevalier errant de roman, combattant à armes très inégales pour conquérir une couronne qui lui aurait été dérobée par la ruse d'un tyran.

On trouva qu'il avait bonne mine, mais je ne saurais dire que je fusse de cet avis.