Pendant ce temps, les anciens de la cité, ayant à leur tête notre ami le Maire, sortirent par la porte dans tout l'apparat des costumes de soie et de fourrures pour rendre dommage au Roi.

Le Maire mit un genou à terre à côté de l'étrier de Monmouth et baisa la main que celui-ci lui tendit avec grâce.

—Mon cher monsieur le Maire, dit le Roi d'une voix claire et forte, c'est à mes ennemis à se prosterner devant moi, et non à mes amis. Je vous en prie, qu'est-ce que ce rouleau que vous déployez?

—C'est une allocution de bienvenue et de soumission, Votre Majesté, de la part de votre loyale ville de Taunton.

—Je n'ai pas besoin d'une telle allocution, dit le Roi Monmouth, en promenant ses yeux autour de lui. Elle est écrite tout autour de moi en plus beaux caractères qu'on n'en vit jamais sur parchemin. Mes bons amis m'ont prouvé que je suis le bienvenu, sans recourir à l'aide d'un clerc ou d'un écrivain. Vous vous nommez Stephen Timewell, digne Mr le Maire, à ce qu'on m'a appris.

—Oui, Majesté.

—C'est un nom trop court pour un homme aussi digne de confiance, dit le Roi en tirant son épée, et l'en touchant sur l'épaule, je veux l'allonger de trois lettres. Relevez-vous, Sir Stephen, et puissé-je trouver grand nombre d'autres chevaliers semblables dans mon royaume, et aussi loyaux, aussi fermes.

Le Maire se retira avec les conseillers au côté gauche de la porte, au milieu des applaudissements que fit éclater cet honneur conféré à la ville, pendant que Monmouth et son escorte formaient un groupe à droite.

Sur un signal donné, un trompette sonna une fanfare.

Les tambours firent entendre un roulement guerrier, et l'armée des insurgés, en rangs serrés, bannières déployées, reprit sa marche vers la ville.