On embrassait nos chevaux autant que nous.
Des préparatifs furent bientôt faits pour accueillir nos compagnons fatigués.
Un long édifice vide, qui servait de magasin pour les laines, fut garni d'une épaisse couche de paille et mis à leur disposition.
On y plaça un grand baquet rempli d'ale, et une abondante provision de viandes froides et de pain de froment.
De notre côté, nous descendîmes par la rue de l'Est, à travers les cris et les poignées de main de la foule, pour nous rendre à l'hôtellerie du Blanc-Cerf, où, après un repas hâtif, nous fûmes fort heureux de nous mettre au lit.
Mais à une heure avancée de la nuit, notre sommeil fut interrompu par les réjouissances de la foule qui, après avoir brûlé en effigie Lord Sunderland et Grégoire Alford, Maire de Lyme, s'attarda à chanter des chansons du pays de l'Ouest et des hymnes puritains jusqu'aux premières heures du matin.
[II—Le rassemblement sur la place du Marché.]
La belle ville où nous nous trouvions alors, était le véritable centre de la rébellion, bien que Monmouth n'y fût pas encore arrivé. C'était une localité florissante, faisant un grand commerce de laine et de draps à côtes, qui donnait du travail à près de sept mille habitants.
Ainsi elle occupait un rang élevé parmi les cités anglaises, et n'avait au-dessus d'elle que Bristol, Norwich, Bath, Exeter, York, Worcester, entre les villes de province.