[VII—Nouvelles reçues de Havant.]
Après avoir donné mes ordres pour que Covenant fût sellé et harnaché le lendemain à la pointe du jour, j'étais rentré dans ma chambre, et je me préparais pour une longue nuit de repos, quand Sir Gervas, qui couchait dans la même pièce, entra en dansant et agitant au-dessus de sa tête un paquet de papiers.
—Trois devinettes, Clarke, cria-t-il. Qu'est-ce que vous désireriez le plus?
—Des lettres de Havant, dis-je vivement.
—Juste! répondit-il en les jetant sur mes genoux. En voilà trois, et pas une qui soit d'une écriture féminine. Je veux être pendu si je comprends ce que vous avez fait de toute votre vie:
Comment un cœur jeune peut-il renoncer
À l'amour de la femme, au vin qui pétille?
«Mais vous êtes si absorbé par vos nouvelles que vous n'avez pas remarqué ma transformation.
—Ah! où donc avez-vous trouvé tout cela? demandai-je, fort étonné.
Il était vêtu d'un costume de nuance prune très délicate avec des boutons et des bordures d'or, que faisaient ressortir des culottes de soie et des souliers à l'espagnole avec des roses sur le cou-de-pied.
—Cela sent plus la Cour que le camp, dit Sir Gervas en se frottant les mains et promenant sur sa personne des regards fort satisfaits. Je suis également ravitaillé en fait de ratafia et d'eau de fleur d'oranger. En plus, j'ai deux perruques, une courte, et une de gala, une livre du tabac à priser impérial qui se vend à l'enseigne de «l'Homme noir», une boîte de poudre à cheveux de De Crépigny, mon manchon en peau de renard et plusieurs autres choses indispensables. Mais je vous gêne dans votre lecture.