De l'autre côté, le pays paisible, aux teintes variées, montait et descendait en ondulations, qui présentaient à la vue champs de blés et vergers, et s'étendait au loin pour finir en une lisière de forêts, sur les collines lointaines de Malvern.
À notre droite étaient les hauteurs verdoyantes des environs de Bath, à notre gauche les crêtes déchiquetées des Mendips, Bristol, la reine du pays, tapie derrière ses fortifications, et plus en arrière, les eaux grises du Canal, avec des voiles blanches comme la neige.
À nos pieds se trouvaient le pont de Keynsham, notre armée formant des taches sombres sur le vert des champs, la fumée des bivouacs et les voix des conversations flottant encore dans l'air de l'été.
Une route longeait les bords de l'Avon du côté du Comté de Somerset.
Sur cette route s'avançaient deux escadrons de cavalerie, qui se proposaient d'établir des postes avancés sur notre flanc d'est.
Comme ils défilaient à grand bruit, sans grand ordre, ils avaient à traverser un bois de pins, dans lequel la route fait un brusque détour.
Nous étions en train de contempler la scène, quand tout à coup, pareil à l'éclair qui jaillit du nuage, un escadron des Horseguards fit demi-tour pour se lancer sur le terrain découvert, et passant rapidement à l'allure du trot, puis du galop, fondit comme un tourbillon d'habits bleus et d'acier sur nos escadrons surpris.
Des rangs de tête partit le bruit des carabines qu'on épaule, mais en un instant, les Gardes passèrent à travers eux et fondirent sur le second escadron.
Pendant quelque temps les braves paysans tinrent ferme.
La masse compacte d'hommes et de chevaux oscillait, avançant, reculant, les lames de sabre tournoyant au dessus d'elle en éclairs d'une lumière rageuse.