Les deux Stukeley, de Somerton, jumeaux d'un bel avenir, étaient étendus muets, leurs figures livides tournées vers le ciel, unis dans la mort comme à leur naissance.

Partout les morts s'entassaient parmi les vivants.

Et pourtant pas un ne cédait la place et Saxon continuait toujours sa promenade à cheval au milieu d'eux, avec des paroles d'espoir et d'éloge.

Sa figure résolue, aux traits profondément marqués, sa haute taille pleine de vigueur musculaire étaient un véritable phare d'espérance, aux yeux de ces simples campagnards.

Ceux de mes faucheurs, qui pouvaient manier un mousquet, étaient mêlés à la ligne des tireurs, après avoir pris les armes et les munitions des hommes tombés.

La lumière croissait graduellement.

À travers les intervalles dans la fumée et le brouillard, je pus voir quelle tournure prenait la lutte sur d'autres points du champ de bataille.

À droite, la lande avait pris une teinte brune, celle des hommes de Taunton et de Frome, qui s'étaient couchés comme nous, pour éviter le feu.

Le long des bords du Rhin de Bussex, une ligne épaisse de leurs mousquetaires échangeaient des salves meurtrières, presque à bout portant avec l'aile gauche des régiments même que nous combattions.

Celui-ci était soutenu par un second régiment aux larges revers blancs, qui, je crois, faisait partie de la milice du Comté de Wilts.