—Oui,... de tout mon cœur, dit-il avec ardeur.
—Alors préparez-vous à mourir, criai-je, on tirant mon épée, car je suis un de ses officiers.
À la vue de l'acier, le misérable secrétaire jeta un véritable hurlement de terreur.
Tombant la figure contre terre, il se tordit, se roula, jusqu'à ce que, levant les yeux, il s'aperçut que je riais.
À cette vue, il se remit d'abord à genoux, puis se leva, en me regardant obliquement, comme s'il ne devinait rien de mes intentions.
—Vous devez vous souvenir de moi, Maître Tetheridge, dis-je. Je suis le Capitaine Clarke, du régiment d'infanterie du Comté de Wilts, que commande Saxon. Je suis vraiment surpris que vous ayez adjuré votre fidélité, alors que non seulement vous avez juré de la maintenir, mais que de plus vous avez fait prêter le même serment aux autres.
—Pas du tout, capitaine, pas du tout, répondit-il en reprenant ses allures habituelles de coq de combat aussitôt qu'il s'aperçut que le danger avait disparu, en fait de serment je suis aussi sincère, aussi loyal que je le fus jamais.
—Pour cela, je vous crois entièrement, dis-je.
—Je n'ai fait que dissimuler, reprit-il en secouant la farine qui le couvrait. Je me suis borné à mettre en pratique cette ruse du serpent qui dans tout guerrier doit être jointe au courage du lion. Vous avez lu Homère sans doute. Eh! moi aussi je suis quoique peu frotté d'études classiques. Je ne suis pas seulement un grossier soldat, bien que je puisse manier l'épée d'une main vigoureuse. Maître Ulysse, voilà mon idéal, de même qu'Ajax est le vôtre, je suppose.
—M'est avis que le type du diable qui sort de la boîte vous irait bien mieux, dis-je. Voulez-vous accepter la moitié de cette galette? Comment vous êtes-vous trouvé dans ce pétrin?