Dans un coin, le misérable scribe, véritable peinture de l'Épouvante abjecte, grelottant, les genoux s'entrechoquant, se serait affaissé s'il n'avait été maintenu par la poigne d'un vigoureux caporal.

Devant lui étaient deux officiers, l'un d'eux un petit homme dur, brun, aux yeux pétillants, aux mouvements vifs, l'autre grand, mince, avec une longue moustache blonde, qui allait à moitié chemin de ses épaules.

Le premier tenait mon sabre à la main et tous deux en examinaient la lame avec curiosité.

—C'est un fin morceau d'acier, Dick, dit l'un en appuyant la pointe sur le sol de pierre et exerçant une pression de l'autre côté jusqu'à ce que la poignée le touchât. Voyez avec quelle force elle se redresse. Pas de nom de fabricant, mais la date, 1638, est marquée sur la poignée. Où vous-êtes-vous procuré cela, hé, l'homme?

—C'était l'épée de mon père, répondis-je.

—Alors j'espère qu'il l'aura tiré pour défendre une cause meilleure que celle qu'a soutenue le fils, dit l'officier, d'un ton narquois.

—Une cause tout aussi juste mais non plus juste, répondis-je; Cette épée a toujours été tirée pour les droits et les libertés des Anglais, et contre la tyrannie des rois et la bigoterie des prêtres.

—Quel clou pour un théâtre! Dick s'écria l'officier. Comme cela sonne bien: la bigoterie des rois et la tyrannie des prêtres. Eh! si cela était débité par Betterton tout près de la rampe, une main sur le cœur, l'autre levée au ciel, je parie que tout le parterre se lèverait.

—C'est très probable, dit l'autre en tortillant sa moustache, mais ce n'est pas le moment des beaux discours. Qu'allons-nous faire du petit?

—Le pendre, répondit l'officier d'un ton insouciant.