Suivant toujours mon guide, je me trouvai dans la cabine basse du brick.

Une table carrée, luisante, en occupait le centre, et une lampe à lumière éclatante se balançait au-dessus.

Tout au bout, en plein dans la partie éclairée, le capitaine était assis, la figure rayonnante d'avidité et d'espoir.

Sur la table il y avait une petite pile de pièces d'or, une bouteille de rhum, des verres, une boîte à tabac et deux longues pipes.

—Mes compliments, capitaine Clarke, dit le capitaine, avançant sa tête ronde, hérissée. Agréez les félicitations d'un honnête marin. À ce qu'il paraît, nous ne sommes pas destinés à être compagnons de voyage, malgré tout.

—Le capitaine Micah Clarke doit faire un voyage pour son compte, dit l'inconnu.

Au son de sa voix, je sursautai d'étonnement.

—Grands Dieux! m'écriai-je, Saxon!

—Vous l'avez deviné, dit-il en rejetant son manteau et me montrant la figure et la tournure bien connues du soldat de fortune. Par ma foi! l'ami, si vous avez pu me recueillir dans le Solent, je puis bien, je suppose, vous tirer de ce maudit piège à rats où je vous trouve. C'est partie liée, comme on dit devant le tapis vert. Sans doute je vous en voulais à mort au moment de notre dernière séparation, mais je vous gardais quand même un coin de mon âme.

—Une chaise et un verre, capitaine Clarke, s'écria le patron. Parbleu! Je pense que vous êtes tout disposé à lever le petit doigt et à vous rincer le sifflet après tout ce que vous avez traversé.