De temps à autre, une clameur sauvage montait de la foule.

On eût dit le long hurlement d'un mâtin, plein d'ardeur, qui tire sur sa laisse et ne demande qu'à sauter à la gorge de l'ennemi.

Notre régiment avait été dispensé de service, maintenant qu'il était clair que Feversham ne voulait pas marcher en avant et il s'occupait de dépêcher les vivres qu'avait rapportés notre expédition nocturne.

C'était un dimanche, une belle et chaude journée, avec un ciel clair, sans nuages, où soufflait une douce brise chargée des parfums de la campagne.

Pendant tout le jour, les cloches des villages environnants sonnèrent l'alarme, répandant par la campagne ensoleillée leur carillon musical.

Les fenêtres supérieures et les toits de tuiles rouges des maisons étaient encombrés de femmes et d'enfants aux figures pâles, qui fouillaient du regard la direction de l'est, où des éclaboussures rouges sur la teinte brune de la lande indiquaient la position de nos ennemis.

À quatre heures, Monmouth réunit un dernier conseil de guerre sur la tour carrée, qui sert de base au clocher de l'église paroissiale de Bridgewater et d'où l'on voyait fort bien tout le pays environnant.

Depuis mon voyage auprès de Beaufort, j'avais toujours eu l'honneur de recevoir l'ordre d'y assister, en dépit de l'humble rang que j'occupais dans l'armée.

Il y avait là une trentaine de conseillers en tout, autant qu'il pouvait en tenir en cet endroit, soldats et courtisans, Cavaliers et Puritains, tous unis maintenant par le lien d'un commun danger.

À vrai dire, l'approche d'un dénouement dans leur fortune avait fait disparaître en grande partie les différences de manières qui avaient contribué à les séparer.