Nous avancions avec une grande lenteur, avec de grandes précautions, car, ainsi que nous l'avait appris Sir Stephen Timevell, la plaine était sillonnée de tranchées profondes, les rhines, que nous ne pouvions franchir qu'en certains endroits.
Ces fossés avaient été creusés dans le but de drainer des terres marécageuses.
Ils étaient remplis d'eau et de vase à la profondeur de plusieurs pieds, en sorte que la cavalerie elle-même ne pouvait les traverser. Les ponts étaient étroits, et il fallut assez longtemps à l'armée pour y défiler.
Enfin, les deux derniers, et les principaux, le Fossé Noir et le Rhin de Langmoor, furent franchis sans accident.
On commanda une halte pour mettre l'infanterie en ligne, car nous avions lieu de croire qu'il ne se trouvait pas d'autres troupes entre le camp royal et nous.
Jusqu'à ce moment, notre entreprise avait admirablement réussi.
Nous étions arrivés à un demi-mille du camp sans qu'il y eût eu de méprise ou d'accident.
Les éclaireurs de l'ennemi n'avaient pas donné le moindre signe de leur présence.
Évidemment il éprouvait à notre égard tant de dédain, qu'il ne lui était pas même venu à l'esprit que nous pourrions commencer l'attaque.
Si jamais un général mérita d'être défait, ce fut Feversham, cette nuit-là!