—Dites-moi, Dick, est-ce que nous pourrions arriver dans la vallée de Sasassa avant le lever du soleil?

—Ce serait bien difficile.

—Eh bien, faites attention, nous sommes vieux amis, Dick Wharton. Je vous le demande, d’ici à huit jours, ne parlez à personne de ce que vous venez de nous raconter. Vous le promettez, n’est-ce pas?

Au regard que jeta Dick sur la figure de Tom, il était facile de deviner qu’il regardait le pauvre Tom comme devenu fou, et je dois dire que sa conduite me confondit absolument.

Mais j’avais eu jusqu’alors tant de preuves du bon sens de mon ami et de sa rapidité de compréhension qu’il me parut parfaitement admissible que le récit de Dick avait pour lui un sens, bien que mon intelligence obtuse ne pût le saisir.

Chapitre III

Pendant toute la nuit, Tom fut extrêmement agité.

Lorsque Wharton nous quitta, il lui fit répéter sa promesse.

Il se fit également faire une description minutieuse de l’endroit où il avait vu l’apparition, et indiquer l’heure où elle s’était montrée.

Quand Wharton fut parti, vers quatre heures du matin, je me couchai dans ma caisse, d’où je vis Tom assis près du feu, occupé à lier ensemble, deux bâtons.