«Certes, je sais que vous êtes accablé de besogne, mais comme en ce moment vous n’avez pas de cours à suivre, vous seriez tout aussi à votre aise pour étudier que vous l’êtes dans Bakerstreet.
«Emballez donc vos livres comme un bon garçon que vous êtes et arrivez.
«Nous avons une chambrette bien confortable pourvue d’un bureau et d’un fauteuil qui sont juste ce qu’il vous faut pour travailler.
«Faites-moi savoir quand nous pourrons vous attendre.
«En vous disant que je suis seul, je n’entends point dire par là qu’il n’y ait personne chez moi. Au contraire, nous formons une maisonnée assez nombreuse.
«Tout d’abord, naturellement, comptons mon pauvre oncle Jérémie, bavard et maniaque, qui va et vient en chaussons de lisière, et compose, selon son habitude, de mauvais vers à n’en plus finir.
«Je crois vous avoir fait connaître ce dernier trait de son caractère la dernière fois que nous nous nous sommes vus.
«Cela en est arrivé à un tel degré qu’il a un secrétaire dont la tache se réduit à copier et conserver ces épanchements.
«Cet individu, qui se nomme Copperthorne, est devenu aussi indispensable au vieux que sa marotte ou son Dictionnaire universel des Rimes.
«Je n’irai point jusqu’à dire que je m’inquiète de lui, mais j’ai toujours partagé le préjugé de César contre les gens maigres, et pourtant, si nous en croyons les médailles, le petit Jules faisait évidemment partie de cette catégorie.